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Photographies
L’Heure défleurie
2022
Ensemble de 12 photographies
Tirages Fine Art sur papier Hahnemühle, dimensions variables.

Je suis seul, je mets la fleur de cendre
dans le verre rempli de noirceur mûrie. Bouche-soeur,
tu prononces un mot qui survit devant les fenêtres,
et sans un bruit, le long de moi, grimpe ce que je rêvais.
Je suis dans l’efflorescence de l’heure défleurie
et mets une gemme de coté pour un oiseau tardif:
il porte le flocon de neige sur la plume rouge-vie;
le grain de glace dans le bec, il arrive par l’été.

Paul Celan, Pavot et mémoire, 1952





Attachée depuis de nombreuses années à la description de la vie collective, je renoue ici les fils du temps dans un poème mélancolique autour de la vieillesse, à partir d’un texte de Paul Celan qui donne son titre à ce nouvel ensemble.
Je convoque dans un même mouvement la présence du passé et sa disparition, le souvenir de certaines peintures (La rencontre d’Anne et Joachim à la porte dorée de Giotto) et les obsessions de la photographie pour les miroirs, le dessin des fenêtres, les images doubles, les fantômes, l’apparition des formes et leur évanescence.
Dans les vacillements brillants de la mémoire et l’embrasement du crépuscule cher aux romantiques allemands, je mets en scène les figures du passage, du seuil et de l’attente.
Installés sur les rivages des songes, à la lisière des ténèbres et de la lumière, les personnages de L’Heure défleurie* composent les apparitions fragiles d’un monde qui s’évanouit dans le silence et où résonne l’inflexion des voix chères qui se sont tues**. (YL)


* Paul Celan, Pavot et mémoire, Choix de poèmes réunis par l’auteur, traduction de Jean-Pierre Lefebvre, Paris, Poésie / Gallimard, 1998
** Paul Verlaine, Poèmes saturniens, Paris, Gallimard, collection folio, 2010 (1866)

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